A partir de la biographie de G. W. Pabst, le réalisateur de «Loulou», Daniel Kehlmann développe une fiction brillante quoique bavarde autour de la responsabilité des artistes et des limites de la compromission
Dans Jeux de lumière, Daniel Kehlmann renoue avec une méthode éprouvée: il prend une figure emblématique, la documente avec soin et l’étoffe avec des éléments de fiction. Magnifique conteur, il pratique ce jeu entre le vrai et le vraisemblable depuis Les Arpenteurs du monde (Actes Sud, 2007), qui a fait son succès mondial. Avec une ironie voltairienne, il mettait en parallèle deux approches de la connaissance, celles du mathématicien Gauss et du naturaliste Humboldt.
Dans Le Roman de Tyll Ulespiègle (Actes Sud, 2020), il promenait un héros populaire dans l’Europe déchirée par la guerre de Trente Ans. Jeux de lumière donne un coup de projecteur sur une période mieux connue, plus proche, de la montée du nazisme à la chute du Troisième Reich. La carrière du réalisateur autrichien G. W. Pabst (1885-1967) illustre la compromission des artistes face au pouvoir de l’argent ou de la politique.
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