Dans «Prima Facie», de Suzie Miller, une jeune avocate condamne les contre-interrogatoires qui piègent les plaignantes. Anna Budde impressionne dans ce rôle de justicière
Un solo implacable, une machine de guerre pour dénoncer les parts manquantes du droit. Ancienne pénaliste, Suzie Miller connaît les failles d’un système judiciaire, en tout cas anglais, qui ne parvient pas à défendre les victimes d’agressions sexuelles. La thèse de Prima Facie, à voir aux Amis, à Carouge, jusqu’au 20 avril? Qu’une femme sait quand elle a été violée, point. Et que la cour ne devrait pas exiger d’elle un récit des faits parfaitement cohérent, car le cerveau, figé durant l’agression, peut omettre des détails importants. Sus, donc, aux contre-interrogatoires de la défense qui poussent les plaignantes à la faute et exemptent leurs assaillants!
Après la fascinante Jodie Comer, qui a créé ce texte à Londres il y a 3 ans, Anna Budde assure la première suisse de ce rôle, ces jours près de Genève. Sous la direction staccato d’Elidan Arzoni et dans les lumières en biseau de Danielle Milovic, la jeune comédienne (28 ans seulement!) est remarquable de présence et de précision.
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