Les épreuves nationales de début avril sont généralement boudées par des stars sursollicitées. Mais le champion du monde de Saalbach et la révélation de la saison ont tenu à venir skier à Zinal et à jouer à leur tour le rôle de celui qu’on admire et qui conseille

A mesure que la pente s’élève, les engins de chantier qui s’affairent le long des berges du Rhône deviennent des miniatures dans un bac à sable. A grande précaution ou gros coup de klaxon, le car postal fait glisser son long corps rigide et jaune dans les lacets de la route. Il laisse derrière lui le skyline de tours et de grues de Crans-Montana, sur le versant opposé déjà écrasé de chaleur, et s’enfonce dans le val d’Anniviers, ses clairs-obscurs, ses raccards noircis et ses églises de pierres.

De Montana à Zinal, des courses de Coupe du monde aux Championnats de Suisse, le contraste est total et la métaphore parfaite. Largeur, lumière et exposition d’un côté; profondeur, ombre et rétractation de l’autre. Fin février sur la piste Nationale, le ski masculin helvétique signait un triplé en descente et un doublé en super-G devant une foule en liesse, au sortir de Mondiaux triomphants et au cœur d’une saison déjà historique. «C’est sympa de nous avoir invités aux Championnats de Suisse», avait ironisé le Français Nils Allègre.

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