Le gagnant de la seizième saison du concours culinaire, diffusée en ce moment sur M6, pourrait se voir décerner une étoile à l’issue de la finale. Une décision qui passe mal dans le monde de la gastronomie française

L’alliance est inédite et exceptionnelle. Mais, elle «sonne comme une évidence», selon les mots utilisés par le guide Michelin pour annoncer, fin janvier, son association avec le concours télévisuel Top Chef, dont la 16e saison a débuté il y a une semaine sur M6. Les inspecteurs du fameux guide jugent, cette année, un nombre d’épreuves bien plus élevé que par le passé, revenant ainsi régulièrement dans l’émission. Le vainqueur, quant à lui, pourra, en plus de remporter un chèque pouvant aller jusqu’à 100 000 euros, ouvrir un restaurant éphémère, qui pourrait se voir auréolé d’une étoile, «si nos inspectrices et inspecteurs jugent convaincantes [s] es réalisations». Une décision qui passe mal dans le monde de la gastronomie française.

Au fil des semaines, depuis l’annonce, nombreux sont les chefs de renom à monter au créneau. Et les mots sont forts. «Je trouve ça ignoble», a lâché Yves Camdeborde dans l’émission «La table des bons vivants» sur Europe 1 samedi 29 mars. Celui que l’on qualifie de précurseur de la bistronomie voit dans cette association de «l’irrespect du travail de cuisinier», estimant que cela va «à l’opposé de toutes les valeurs de ce métier» et jugeant «inadmissible qu’on puisse en arriver là par marketing». Et le chef, ancien jury de MasterChef – un autre concours de cuisine télévisé, mais amateur – de rappeler qu’il y «a des gens qui travaillent toute leur vie pour avoir une étoile».

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