Le gouvernement vaudois a annoncé ce mercredi avoir finalisé la répartition des départements. Valérie Dittli hérite notamment du numérique. Cette réorganisation fait suite aux accusations du rapport Studer contre la conseillère d’Etat
Dix jours après avoir privé Valérie Dittli des Finances, une semaine après le départ cinglant de la ministre centriste pendant une séance du Conseil d’Etat, le gouvernement vaudois a trouvé un accord pour la réorganisation des départements. Cette nouvelle composition intervient suite aux conclusions du rapport d’analyse externe effectué par Jean Studer au sein du Département des finances et de l’agriculture. Elle entrera en vigueur le 1er juin 2025.
Comme indiqué lors de la conférence de presse, Christelle Luisier, la présidente du Conseil d’Etat, dirigera le département des finances et conservera le territoire et le sport. Un domaine particulièrement cher à la Broyarde, qui fait notamment partie du comité central de l’Association suisse de football (ASF).
De son côté, Valérie Dittli se retrouve à la tête de l’agriculture, de la durabilité et du climat et du numérique. Un département réduit par rapport au paquebot qu’elle a mené pendant plus de deux ans avec le Département des finances et de l’agriculture (DFA). Comme le souligne le communiqué de la chancellerie, Valérie Dittli prend également la main du dossier sur la loi-cadre sur la durabilité, actuellement sous la responsabilité de la présidente. «Cette réorganisation marque un nouveau chapitre pour notre canton, témoigne la trentenaire. Je suis honorée de prendre la responsabilité de nouveaux domaines stratégiques tels que la transformation numérique, la durabilité, la sécurité alimentaire ou encore la cybersécurité pour lesquelles j’ai toujours eu un grand intérêt.»
Dans une déclaration commune, Valérie Dittli en profite pour remercier «toutes les collaboratrices et collaborateurs pour leur excellent travail et leur soutien». Elle ajoute: «Cette transition est aussi une opportunité unique de renforcer la collaboration constructive au sein du Conseil d’État.»
D’autres changements ont été nécessaires pour alléger principalement la mission de Christelle Luisier. En plus des infrastructures, de la culture et des ressources humaines, Nuria Gorrite récupère les institutions. Le PLR Frédéric Borloz conserve l’enseignement et la formation professionnelle et obtient en plus les relations avec les communes. Le gouvernement rappelle que «cette organisation doit permettre au Conseil d’Etat de poursuivre son action au service de la population avec sérénité».
Saluant les efforts collectifs, l’Alliance vaudoise reste prudente, et rappelle, par le biais de son président Marc-Olivier Buffat, qu’elle attend du Conseil d’Etat «de la sérénité, de la collégialité et de l’efficacité. Il est primordial que l’exécutif cantonal se montre à la hauteur des attentes légitimement élevées des Vaudois.»
Contactée par Le Temps, Nuria Gorrite salue une solution «qui satisfait tout le monde et qui permet de se projeter sereinement dans le futur.» L’ancienne syndique de Morges se réjouit d’avoir fait partie intégrante de cette réorganisation en lâchant l’informatique et le numérique. «Forcément, ça me fait un pincement au cœur de quitter cette mission dans laquelle je me suis beaucoup investie.» En effet, la ministre socialiste a passé treize ans à travailler sur ces thématiques en étant notamment le fer de lance romand du refus de l’e-ID en 2021. «Les algorithmes gouvernement le monde, mais qui gouverne les algorithmes? On a longtemps pensé que le numérique reposait uniquement sur des questions techniques, mais c’est aussi de la politique. Et j’ai pu le prouver.»
En cédant la Direction générale du numérique et des systèmes d’information (DGNSI) à Valérie Dittli, Nuria Gorrite estime avoir fait un geste important dans le but de tourner la page. «Je reste aussi en soutien de ma consœur car le but est que tout se passe bien. Il faut aussi admettre que Valérie Dittli a toujours montré de l’intérêt pour ces questions et qu’elle incarne aujourd’hui un département tourné vers l’avenir, avec également la durabilité et le climat. Nous avons essayé d’être cohérents.»