La junte birmane a établi mercredi un nouveau bilan de près de 2900 morts, cinq jours après le séisme qui a ravagé le pays
Cinq jours après le séisme qui a ravagé la Birmanie, la junte a publié mercredi un nouveau bilan de 2886 morts, et a indiqué que 4600 personnes étaient blessées tandis que 373 étaient toujours portées disparues.
Des journalistes de l’AFP ont assisté à des scènes chaotiques alors qu’au moins 200 personnes désespérées faisaient la queue pour recevoir de l’aide à Sagaing, la ville la plus proche de l’épicentre du tremblement de terre, certains courant à travers la circulation pour rejoindre les files d’attente.
Les destructions sont nombreuses dans la ville, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) signalant qu’une habitation sur trois s’est effondrée. Cinq jours après le tremblement de terre, les habitants se plaignent du manque d’aide.
«Bien sûr, nous n’avons pas assez d’aide», se lamente Ayethi Kar, 63 ans, directrice d’une école pour jeunes nonnes, rasée depuis vendredi. Si les habitants ont reçu de l’eau et de la nourriture, la sexagénaire déclare toujours dormir «à même le sol».
Les établissements de santé, endommagés par le séisme et dont la capacité est limitée, sont «submergés par un grand nombre de patients», tandis que les réserves de nourriture, d’eau et de médicaments s’amenuisent, a déclaré l’OMS mardi.
Les chances de retrouver d’autres survivants s’amenuisent, mais le sauvetage de deux hommes des ruines d’un hôtel de Naypyidaw a ravivé à nouveau les espoirs.
Par ailleurs, alors que plusieurs groupes rebelles ont annoncé suspendre les hostilités, le chef de la junte Min Aung Hlaing a promis de poursuivre les «activités défensives» contre les «terroristes». La décision est critiquée par les Nations unies, tandis que la Chine et l’Australie plaident pour un accès facilité à l’aide humanitaire.
Le conflit civil, qui dure depuis le coup d’Etat du 1er février 2021 contre le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi, a déjà mis à genoux les infrastructures vitales et fracturé le pays où sont actifs des dizaines de groupes armés de minorités ethniques et d’opposants politiques, complique aussi la collecte d’informations.
La situation était déjà alarmante avant le séisme, les combats ayant déplacé plus de 3,5 millions de personnes vulnérables, d’après les Nations unies.
Plus de 1000 secouristes étrangers sont arrivés en Birmanie dans le cadre de la mobilisation internationale pour épauler des services locaux sous-équipés. Amnesty International a déclaré que les attaques militaires «inhumaines» compliquaient considérablement les opérations de secours aux victimes.