Le film «La Madone» suit les alpinistes Guillaume Pierrel et Lucien Boucansaud dans leur ascension de sept sommets du massif du Mont-Blanc, à la rencontre des Vierges qui les surplombent, mêlant performance sportive et mémoire collective
C’est un film et une réflexion en mouvement, à voir ce mercredi au Cinéma Vox à Chamonix puis ce printemps dans les festivals d’aventure et de montagne. En juin 2023, les guides de haute montagne Guillaume Pierrel et Lucien Boucansaud se sont lancés dans une tournée des Madones, ces statues de la Vierge perchées sur sept sommets du massif du Mont-Blanc, entre l’Italie, la Suisse et la France. Fidèles à l’éthique du by fair means, ils ont relié ces hauts lieux «à la force du mollet», exclusivement à pied, en parapente et à vélo. Aiguille Noire de Peuterey (3773 m), Tour Ronde (3798 m), Dent du Géant (4000 m), Mont-Dolent (3823 m), Petit Clocher du Portalet (2985 m), Drus (3754 m), Grépon (3482 m); sommets tous mythiques enchaînés en dix jours, 130 km et plus de 16 000 m de dénivelé.
Dans La Madone, on les suit, impressionnés, parcourant les différents secteurs parfois dans la même journée, à travers de superbes images: un décollage depuis le Mont-Dolent dans les nuages, avant d’atterrir à 1200 mètres dans le val Ferret, skis aux pieds, au milieu des fleurs et des herbes hautes. Un contraste frappant avec autrefois, où l’installation des Madones nécessitait un long processus: des mulets mobilisés en nombre, des bivouacs dans les alpages, et une ascension patiente, bien loin de la rapidité d’aujourd’hui.
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