CHRONIQUE. Contestations devant la justice et mobilisation pour des élections partielles: certains Américains s’organisent pour résister, écrit notre chroniqueur François Nordmann
La résistance commence à s’organiser aux Etats-Unis, au terme des premières semaines de sidération. Le Parti démocrate ne s’est pas encore remis de son K.-O. debout, mais ici ou là l’opposition se manifeste. Le sénateur Bernie Sanders, accompagné de la représentante new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez, fait salle comble dans des meetings organisés dans les Etats pivots, les fameux swing states. Il n’y a pas d’enjeux électoraux dans ces réunions civiques, mais les électeurs désemparés par la défaite subie l’an dernier se regroupent et s’encouragent. Ils ne sont pas pour autant convaincus par les idées qu’expriment ces orateurs, dont les positions extrêmes ont sans doute leur part de responsabilité dans l’échec des démocrates. Cependant, même des républicains anti-Trump participent à ces rencontres: ils ne peuvent guère prendre la parole au sein de leur parti, car ce dernier s’abstient de réunir sa base, craignant la contestation anti-MAGA de certains de ses membres.
Ces courants d’opinion ont des conséquences: des élections partielles ont lieu, dans des Etats remportés par Trump haut la main, et tel siège à la Chambre des représentants en Floride, tel poste de juge dans le Wisconsin pourraient passer en mains démocrates. La majorité républicaine à la Chambre est de cinq voix seulement: Trump ne veut pas risquer de la perdre. Il avait annoncé, à peine élu, la nomination d’Elise Stefanik, représentante de l’Etat de New York, au poste d’ambassadrice aux Nations unies. Sa confirmation par le Sénat ne faisait pas un pli. Elle aurait dû quitter le parlement. Trump vient cependant de retirer sa candidature: il préfère qu’elle reste à la Chambre, craignant qu’elle ne soit remplacée par un démocrate…
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