CHRONIQUE. Pour ses défenseurs, sans nier la gravité de ce qui est reproché à l’acteur, le fait qu’il ait été sacré roi de la libération des mœurs dans sa jeunesse n’est pas étranger à sa dérive de prédateur

Un produit extrême de son époque. La caricature d’un mouvement émancipateur. Voilà comment Depardieu, monument du cinéma français, est défendu par des partisans discrets qui, ici et là, s’expriment en marge de son procès. Ils disent, en substance: «Ok, Depardieu est un ogre boulimique qui a abusé de la drague lourde et de propos grossiers sur les plateaux de ciné. Des dérives qui sont allées jusqu’à des viols et agressions sexuelles, ce qui est impardonnable et condamnable sur le plan pénal. Mais, en parallèle, on doit se souvenir que, dans les années 1970-1980, il a été le héros de la libération sexuelle et de la provocation face à une société corsetée. Une attitude qu’on a alors beaucoup vénérée.»

A ce dîner, les convives qui s’expriment en ces termes ont plutôt 60 ans que 30 ans et sont aussitôt qualifiés de boomers par la jeune génération assise à leurs côtés. Solides dans leur logique historique, les aînés ripostent: «Si des francs-tireurs comme Gainsbourg, Depardieu, Blier n’avaient pas existé, vous ne pourriez sans doute pas agir et vous exprimer avec tant de liberté. Vous êtes aussi les bénéficiaires de cette émancipation de la pensée.»

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