Fêté comme un événement historique, l’accueil de la cité prévôtoise place le Jura devant un défi financier majeur. Le manque à gagner lié au système péréquatif se monte à 65 millions pour le canton, qui demande un correctif. Une audition est prévue vendredi devant la Commission des finances du National
Après la liesse, le Jura aura-t-il la gueule de bois? Les Chambres fédérales l’ont confirmé en mars, c’est le 1er janvier 2026 que Moutier intégrera le canton. Ce transfert est ressenti par beaucoup comme la réparation d’une erreur de l’Histoire pour une cité prévôtoise restée en marge de la création du Jura. Mais les conséquences via le système de péréquation financière placent le canton face à un défi financier majeur. Les autorités jurassiennes tirent la sonnette d’alarme depuis de nombreux mois. Ce vendredi 4 avril, elles joueront gros lors d’une audition à Berne, devant la Commission des finances du Conseil national. Avec l’espoir que celle-ci mandate le Conseil fédéral pour qu’il propose un correctif dans le cadre de la prochaine consultation sur les chiffres annuels de la péréquation. Il y a urgence.
Le système, qui permet d’équilibrer les ressources financières entre les cantons et dont le Jura est un des principaux bénéficiaires, a rapidement été identifié comme un problème central dans le cadre de ce transfert de Moutier. Pour résumer un dossier d’une technicité folle, en raison d’un décalage entre les années de calculs et le versement, la commune ne sera totalement prise en compte dans les chiffres jurassiens qu’en 2032, soit six ans après son transfert effectif. Alors même que le Jura devra faire face aux charges supplémentaires et immédiates de l’accueil d’une ville de 7200 âmes qui fait gonfler la population cantonale de 10%. C’est tout sauf anecdotique; c’est comme si on rajoutait deux fois les habitants de Bienne au canton de Berne.
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