Primé à Cannes et Fribourg, «Black Dog» propose une sidérante plongée dans une ville chinoise qui tombe en ruines et, en plein désert de Gobi, est envahie par des chiens errants

A la place d’une diligence, un vieux bus. Et à défaut de chevaux au galop, une gigantesque meute de chiens errants. Filmant l’aride désert de Gobi comme John Ford filmait l’Ouest américain, Guan Hu sidère dès le plan d’ouverture – très large – de Black Dog, un film qui vient de remporter le Grand Prix du Festival international du film de Fribourg (FIFF), dix mois après avoir gagné la récompense principale de la compétition Un Certain Regard du Festival de Cannes. Déboulant d’une colline, les chiens traversent la route sur laquelle circule le bus, qui se couche sur le côté. Parmi les survivants de cet accident sans gravité, Lang, qui s’en retourne, après avoir purgé une peine de prison, dans sa ville natale de Chixia.

Black Dog est un film de territoire. Cité toute de béton et de sable, en grande partie abandonnée, Chixia a quelque chose de postapocalyptique qui permet à Guan Hu d’en faire le terrain d’une cohabitation compliquée entre celles et ceux qui ne se sont pas résolus à aller tenter leur chance ailleurs et les centaines de chiens qui errent dans les rues. On est en 2008, et alors qu’approchent les Jeux olympiques d’été de Pékin, les bâtiments les plus délabrés s’apprêtent à être détruits dans le cadre d’une vaste campagne de modernisation de la Chine. Mais pour que Chixia redevienne attractive pour des entreprises, il faudrait aussi la débarrasser de tous ces chiens qui rôdent.

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