OPINION. Une autorité indépendante qui pourrait se prononcer sur les bénéfices attendus de certains dépistages ou nouveaux traitements permettrait d’assurer des prestations médicales de qualité sans interférence de laboratoires ou d’assurances, écrivent les professeurs Chiolero (Université de Fribourg) et Rodondi (Université de Berne)
La Suisse a des coûts de la santé parmi les plus élevés dans le monde. Comme dans d’autres pays de l’OCDE,jusqu’à 20% de ces coûts seraient causés par un manque d’efficience dans les pratiques de soins et, plus inquiétant, par des soins de faible valeur, c’est-à-dire sans bénéfice démontré. Malgré cela, on ne dispose pas d’une autorité indépendante à même de se prononcer sur l’efficacité des prestations de soins et leur impact. Dès lors, pour mettre la science au cœur du système de santé, nous proposons que la Suisse se dote d’un conseil de santé scientifique et indépendant.
Car maintenir un système de santé accessible et de haute qualité nécessite de faire des choix sur la base de l’efficacité des prestations, celles-ci évoluant incessamment en fonction des connaissances et innovations médicales, technologiques et épidémiologiques. Quels bénéfices attendre du dépistage du cancer du sein dès l’âge de 40 ans? A qui devrait-on prescrire ces nouveaux médicaments pour perdre du poids? Les citoyens, patients, professionnels de santé et autorités de santé ont tous besoin d’informations fiables sur l’effet de ces prestations.
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