Sans les annoncer, les forces armées chinoises ont «mené des exercices de tir réel» et conduit «des frappes sur des ports et des installations énergétiques clés», mardi. Washington accuse Pékin de mettre en «danger» la sécurité régionale
Deuxième jour de manoeuvres militaires d'envergure autour de Taïwan. La Chine a lancé mercredi un nouvel exercice militaire de grande ampleur dans le détroit, au lendemain de la simulation d'un blocus de l'île qu'elle revendique. Ces exercices, qui n'avaient pas été annoncés, surviennent quelques jours après une tournée en Asie du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, qui a affirmé que Washington assurerait la «dissuasion» dans le détroit de Taïwan.
Sous le nom de code «Tonnerre dans le détroit- 2025A», l'opération vise à tester les capacités des troupes en matière de «contrôle des zones» et de «blocus», a déclaré Shi Yi, porte-parole du Commandement du Théâtre Oriental de l'armée chinoise, dans un communiqué. Elle comprend des «exercices de tir réel longue portée» et des simulations des «frappes sur des ports et des infrastructures énergétiques clés», a ensuite précisé le porte-parole. Le ministère de la Défense taïwanais a confirmé le début de ces exercices, sans fournir davantage de précisions.
The #PLA Eastern Theater Command on Wednesday released a new theme poster titled "Paralyzing Strikes." The caption read, "Against tide of history; Heading for dead end." The ground force of the theater command conducted long-range live-fire drills in waters of the East China Sea… pic.twitter.com/Cxr7vQS9n4
— Global Times (@globaltimesnews) April 2, 2025
Le détroit de Taïwan, zone de passage clé pour le transport maritime mondial, est un point de tension majeur entre grandes puissances, en particulier la Chine et les Etats-Unis.
Washington a réagi, mercredi, en condamnant «des activités militaires et une rhétorique agressives de la Chine» qui «exacerbe les tensions et met en danger la sécurité régionale et la prospérité du monde».
L'Union européenne avait mis en garde, mardi, contre «toute action susceptible d'aggraver les tensions».
La Chine a multiplié les exercices à grande échelle autour de Taïwan ces dernières années, déployant avions de chasse et navires de guerre pour appuyer sa revendication de souveraineté, rejetée par Taipei. Mardi, elle avait mobilisé des forces terrestres, navales et aériennes autour de l'île, entraînant l'envoi d'avions et de navires par Taipei et le déploiement de ses systèmes de missiles. Le ministère de la Défense taïwanais a déclaré avoir détecté mardi 21 navires de guerre autour de l'île, dont le porte-avions Shandong, 71 avions et quatre navires de garde-côtes. Il s'agit du nombre le plus élevé de navires de guerre détectés en une seule journée depuis près d'un an, et le plus grand nombre d'avions depuis octobre 2024.
Ces exercices constituent «une série de test de résistance» pour évaluer la force du soutien de Washington à Taïwan et à d'autres alliés dans la région, estime Wen-Ti Sung analyste au centre de réflexion américain Atlantic Council.
Ces manoeuvres sont également décrites par les experts comme des répétitions pour un encerclement de l'archipel, un scénario jugé plus probable qu'une invasion totale, plus risquée et plus facile à anticiper.