Le patron de Boeing Kelly Ortberg a envoyé aux quelque 160 000 employés du groupe la déclaration qu’il compte faire mercredi lors d’une audition devant une commission du Sénat. Il reconnaît des erreurs et assure que l’entreprise «commence à voir le bout du tunnel»

Le patron de Boeing a prévu de reconnaître mercredi lors d’une audition devant une commission du Sénat américain que l’avionneur avait commis de «graves faux pas» ces dernières années, et a réitéré son engagement à rétablir «la confiance en Boeing».

A la veille de cette audition devant la commission sénatoriale du Commerce et des Transports, Kelly Ortberg a adressé un message aux 160 000 employés du groupe en y joignant la déclaration qu’il compte faire en préambule de son témoignage. Les deux textes ont été rendus publics par le groupe mardi soir. «Boeing a effectué de graves faux pas ces dernières années – et c’est inacceptable», a prévu de dire celui qui a pris la direction de l’avionneur en août. «En conséquence, nous avons mené de vastes changements au niveau des équipes, des processus et de la structure d’ensemble du groupe», doit-il ajouter.

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«Transformer notre entreprise nécessite du temps et des actions»

«Bien qu’il y ait toujours du travail à accomplir, ces changements en profondeur sont étayés par l’immense engagement de nous tous envers la sécurité de nos produits et de nos services», doit encore expliquer Kelly Ortberg. Dans son message adressé aux employés, il assure que le groupe «commence à voir le bout du tunnel», mais «transformer notre entreprise nécessite du temps et des actions».

Faisant référence aux deux accidents de 737 MAX 8 en octobre 2018 et en mars 2019, qui ont fait 346 morts au total, il compte présenter devant les sénateurs américains ses condoléances aux proches des victimes – dont certains sont attendus dans la salle - et «faire le serment de procéder à tous les changements nécessaires pour que cela ne se reproduise jamais».

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Employés mobilisés

Boeing a reconnu que la conception du logiciel antidécrochage MCAS avait contribué à ces accidents, survenus sur des avions neufs, peu après leur décollage. Les changements promis doivent permettre de «rétablir la confiance et de refaire de Boeing l’entreprise américaine emblématique qu’elle était autrefois», doit ajouter Kelly Ortberg, soulignant que le groupe né en 1916 à Seattle (nord-ouest) soutenait 1,8 million d’emplois aux Etats-Unis et contribuait à hauteur de 84 milliards de dollars chaque année à l’économie du pays.

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Le groupe est le plus gros exportateur du pays, va-t-il insister, le jour même de l’annonce prévue de droits de douane par Donald Trump sur les importations aux Etats-Unis. Boeing souffre depuis plusieurs années de problèmes de qualité de production, qui ont culminé avec un incident en vol en janvier 2024 sur un 737 MAX 9 d’Alaska Airlines, qui a fait quelques blessés légers.

Pour y remédier, l’avionneur a mis en œuvre un système de gestion de la sécurité (SMS) décrit par Kelly Ortberg comme un «cadre bâti à partir des meilleures pratiques de l’industrie aérienne, pour identifier proactivement et gérer les risques en termes de sécurité». Selon lui, quatre axes sont prioritaires: réduction des défauts, montée en puissance de la formation des employés, simplification des processus et des procédures et renforcement de la culture de sûreté et de sécurité. Des améliorations menées en partie grâce aux employés, qui ont soumis plus de 26 000 suggestions.