La ministre de la Justice américaine Pam Bondi a demandé aux procureurs fédéraux de requérir la peine de mort contre Luigi Mangione. Le jeune homme est accusé d’avoir tué début décembre Brian Thompson, un patron de l’assurance santé privée

Le ministère américain de la Justice a annoncé mardi qu’il exigeait la peine de mort contre Luigi Mangione, le jeune homme accusé d’avoir tué début décembre à New York un patron de l’assurance santé privée pour se venger contre ce secteur. «Le meurtre de Brian Thompson – un homme innocent et père de deux jeunes enfants – par Luigi Mangione était un assassinat prémédité et de sang-froid qui a choqué l’Amérique», a déclaré la ministre de la Justice Pam Bondi dans un communiqué.

«Après mûre réflexion, j’ai demandé aux procureurs fédéraux de requérir la peine de mort dans cette affaire», a ajouté la ministre du gouvernement Trump. «Ce meurtre était un acte de violence politique», a insisté Pam Bondi.

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Une décision «politique», estime la défense

L’avocate du jeune homme, Karen Friedman Agnifilo, a elle aussi qualifié de «politique» la «décision» du gouvernement américain d'«exécuter Luigi», qui bénéficie depuis son arrestation d’un mouvement de sympathie sur les réseaux sociaux et dont les comparutions au tribunal de New York font venir des dizaines de soutiens décidés à dénoncer «les injustices» de l’assurance santé privée. Elle a accusé le gouvernement de «défendre l’industrie de la santé défaillante, immorale et meurtrière qui continue de terroriser le peuple américain».

Luigi Mangione, 26 ans, a été arrêté le 9 décembre. Il est accusé d’avoir assassiné cinq jours plus tôt, en lui tirant dans la tête en pleine rue à New York, le directeur général d’UnitedHealthcare, premier assureur santé privé du pays, Brian Thompson. Il a été inculpé et a plaidé non coupable de meurtre «terroriste» devant la justice de l’Etat de New York, où il encourt la prison à vie. Il est aussi inculpé devant la justice fédérale, où il encourt la peine de mort, comme le demande désormais le gouvernement américain.

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Une levée de fonds de 800 000 dollars

L’assassinat de sang-froid du patron de 50 ans, marié et père de deux enfants, dont les images captées par des caméras de vidéosurveillance ont fait le tour du monde, a choqué aux Etats-Unis. Mais de nombreuses réactions ont aussi montré la colère profonde que des Américains éprouvent à l’encontre des programmes d’assurance santé privés, accusés de privilégier leurs profits au détriment des soins et de refuser des remboursements ou de faire traîner les procédures en longueur.

Depuis son arrestation, des mots-clés tels que «#freeluigi» ont fleuri sur les réseaux sociaux et une campagne de levée de fonds sur internet pour payer ses frais d’avocats atteignait mardi près de 800 000 dollars.

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La peine de mort a été abolie dans l’Etat de New York et ne peut pas être requise par la justice locale, mais elle est toujours applicable devant la justice fédérale et Donald Trump avait promis qu’elle serait davantage utilisée une fois qu’il reviendrait à la Maison Blanche. La dernière fois que le gouvernement américain avait requis la peine capitale lors d’un procès fédéral à New York remonte à 2023, pour un Ouzbek de 35 ans reconnu coupable d’avoir tué huit personnes en 2017 en se réclamant du groupe Etat islamique (EI). Mais le jury de douze personnes n’était pas parvenu à une décision unanime, comme l’exige la loi, et l’accusé avait été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.