A la tête de CAB Productions SA, l’«entrepreneur» lausannois a écrit une des plus belles pages du cinéma suisse, produisant quelque 60 fictions et documentaires, signés par des débutants prometteurs ou des cinéastes accomplis. Il est décédé à l’âge de 76 ans
Il était venu au cinéma «par hasard». Il n’avait pas fait d’études et pensait que c’était plutôt une bonne école. Quand on disait qu’un bon producteur doit être poète, comptable et joueur, Jean-Louis Porchet se récriait: «Ah non! Pas du tout joueur de poker. Je suis très ceinture et bretelles.» Il se présentait comme un «entrepreneur», sachant le prix et le poids des choses. Fils de facteur, il aurait voulu faire un apprentissage de maçon. Il est devenu producteur de cinéma.
En 1984, il fonde CAB Productions SA (CAB pour «Courir à Berne», y chercher des subventions) avec Gérard Ruey. C’est le yin et le yang, la folie et la raison, la parfaite complémentarité: «Gérard adore l’institutionnel, il est dans les commissions, les associations, c’est sa passion. Je déteste ça, disait Porchet. Moi, je passe l’aspirateur, ce qu’il déteste. Ensemble, on est de redoutables entrepreneurs.» Gérard tient la calculette, Jean-Louis bat la campagne. Il assume sereinement son côté «vendeur d’aspirateurs». Il rencontre des gens de tous milieux, renifle les bonnes histoires comme un chien les truffes.
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