Une jeune fille et deux quinquagénaires s’en vont randonner et camper en forêt dans «Good One», d’India Donaldson, film américain indépendant et minimaliste

Il y a presque 20 ans, une certaine Kelly Reichardt faisait sensation avec un petit film indépendant intitulé Old Joy, qui suivait simplement deux trentenaires mâles dans une balade en forêt, testant ce qui restait de leur amitié face à l’usure du temps. Sans ce précédent, Good One, premier long métrage d’India Donaldson, existerait-il? Mais dans ce drame des suiveurs forcément comparés à leurs devanciers, la jeune cinéaste ne s’en sort pas trop mal. Il faut dire qu’entre deux vieux copains randonneurs, ici quinquagénaires, elle a glissé la fille de l’un d’eux – ce qui change passablement la donne, le point de vue devenant le sien.

C’est cette Sam, 18 ans, la «brave fille» du titre original (ou faut-il entendre une «bonne blague»?). Même déjà partie de la maison et installée avec une amie dans une relation visiblement intime, elle a accepté de se joindre à un week-end dans les Catskills – une région de montagnes et de forêts au nord de New York – avec son père Chris, son meilleur pote Matt et son fils. Sauf que ce dernier se défile à la suite d’une énième dispute avec son paternel et qu’ils partiront donc à trois. Et peu à peu, on se rend compte que c’est ce déséquilibre numérique, de genre et de génération qui intéresse l’autrice.

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