Objet de polémiques depuis des années, la question des terrasses sur le domaine public à Lausanne fait l’objet d’un compromis entre les cafetiers, les autres commerces et les autorités. Les restaurants y gagnent une réduction de taxes
La municipalité de Lausanne trouvant un accord avec les restaurateurs et les commerces à propos des terrasses installées sur les places et dans les rues: la nouvelle paraît si incroyable que l’agence de presse ATS l’a classée, ce mardi, parmi les poissons d’avril du jour. Hilare, Gilles Meystre, le président de GastroVaud (la faîtière des restaurants), la confirme pourtant. L'impensable s'est produit.
La sévérité de la ville dans le domaine de la maîtrise de l’espace public, surtout concernant les terrasses, est un motif de friction depuis des années à Lausanne. Il y a bien eu une légère détente dans le cadre des mesures de soutien de l’époque du covid, mais les tensions demeuraient.
Cette fois, une avancée significative pourrait avoir lieu. La municipalité et les partenaires concernés disent avoir trouvé un compromis. La ville ne limite plus le droit à quelques tables aux seuls restaurants et débits de boissons, elle l’ouvre aux commerces dont les 2/3 de l’assortiment relève de l’alimentaire. La liste, citée dans un communiqué, est copieuse: «Par exemple les boulangeries, les pâtisseries, les chocolateries, les confiseries, les boucheries, les charcuteries, les fromageries, les pêcheries, les poissonneries, les épiceries, les glaciers, les traiteurs ainsi que les torréfacteurs et les magasins de thé.»
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Il y a bien sûr des limites: neuf tables au maximum; dans certains cas, la TVA sera différenciée; les horaires seront les mêmes que ceux des commerces (19h la semaine, 18h le week-end); et ces enseignes ne pourront pas vendre d’alcool sur ces tables extérieures. Les règles imposées aux quelque 650 terrasses des établissements à licences s’appliqueront aussi aux commerces: pas de mobilier en plastique et de parasols publicitaires, nécessité d’une autorisation…
Pour tolérer ces changements sans trop grincer des dents, les cafés-restaurants obtiennent une compensation. La taxe d’occupation de l’espace public leur est abaissée de 13%. Pour les commerces, la taxe sera de CHF 84/m² par an.
La municipalité de gauche, en pré-campagne avant les élections dans juste une année, dit vouloir ainsi «favoriser des espaces publics plus vivants et conviviaux». Elle fait en sus une fleur… aux fleuristes, qui pourront occuper l’espace devant leurs vitrines gratuitement. Une manière de les remercier «pour l’embellissement urbain».
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