CHRONIQUE. La population en Suisse ne cesse d’augmenter. Or, derrière le «miracle» économique, se cache une expansion peu soutenable. La Suisse doit changer de modèle de gestion de son immigration, pour retrouver la forme, estime notre chroniqueur

Au moment de ma naissance en 1995, la Suisse frisait les 7 millions d’habitants. Désormais, elle dépasse les 9 millions. Selon le «scénario de référence» de l’OFS, la Suisse atteindra les 10 millions en 2040. Cette accélération est intimement liée à la libre circulation des personnes. Le débat passionnait déjà les foules en mai 2000, lors de la votation au sujet des accords bilatéraux. Dans la brochure de votation, le Conseil fédéral affirmait que les «craintes de voir la Suisse être envahie ne sont pas justifiées […] l’expérience montre que les migrations intercommunautaires demeurent limitées». La réalité fut tout autre. Depuis son introduction en 2002, près de 1,8 million de personnes se sont ajoutées à la population résidente. En large majorité en provenance de l’Union européenne. La hausse est supérieure à 20% et n’a pas d’égal dans les pays proches. Sur la même période, notre voisin allemand a fait face à une augmentation de 1% et la France, de 10%.

Si elle traduit en premier lieu notre réjouissante attractivité, cette augmentation de l’immigration comporte bon nombre de faces moins reluisantes et se fait à un prix politique qui menace au fil des ans de rendre la libre circulation contre-productive.

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