Tout le monde est touché par la baisse d’activité, mais les entreprises la subissent dans un ordre dispersé. Deux entrepreneurs expliquent comment ils tirent leur épingle du jeu. L’un à La Chaux-de-Fonds, l’autre dans la vallée de Joux

Tout n’est pas sombre dans l’écosystème de la sous-traitance horlogère. Certains entrepreneurs parviennent encore à résister et même à se développer. Aurélien Bouchet est l’un d’eux. Directeur et créateur d’Ab Concept et Ab Product, il n’a pas recours à la RHT (réduction de l’horaire de travail) et le dit franchement: «Nous, on garde le cap et notre positivité.» Ses entreprises font de l’habillage horloger et emploient 32 personnes à La Chaux-de-Fonds. L’une des rares adresses à utiliser de manière intensive la fabrication additive (plastique et métal), «tout en l’associant à des technologies traditionnelles telles que l’usinage, le laser et les métiers manuels».

Son chiffre d’affaires et son volume de production ont bel et bien baissé en 2024, et 2025 a commencé au même niveau que l’an précédent. Ce qui constitue déjà une performance dans le contexte actuel. Il l’explique très simplement: «Nous sommes innovants et bien diversifiés, en termes d’offre et de clientèle.» Aurélien Bouchet a pour règle de ne jamais laisser un client dépasser 20% du chiffre d’affaires. Au-delà, explique-t-il, l’entreprise devient dépendante et c’est «dangereux». Une ligne pas si facile à tenir dans les périodes de pleine activité: «Nous avons refusé des commandes pour préserver notre stabilité.» Les clés, insiste-t-il, sont l’innovation et l’adaptabilité, qui permettent à l’entreprise de «créer des besoins» et de se dégager de la compétition par les prix. «Avec Maxime Oudot, mon associé, nous constatons fréquemment que notre indépendance assure la flexibilité et aussi la sérénité de nos clients et de nos collaborateurs.»

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