Grâce à ces investissements, majoritairement réalisés par SoftBank, OpenAI s'impose comme l'une des plus importantes sociétés non cotées du monde. Le groupe compte désormais 500 millions d'utilisateurs hebdomadaires de ChatGPT
Nouveau tour de table gigantesque pour OpenAI. Le fleuron de l'intelligence artificielle (IA) s'est entendu avec des investisseurs pour lever 40 milliards de dollars (35,3 milliards de francs suisses), a annoncé lundi la start-up, ce qui valorise la société californienne 300 milliards de dollars (265 milliards de francs suisses). Cette valorisation inscrit OpenAI parmi les plus importantes sociétés non cotées du monde, avec l'entreprise aérospatiale SpaceX d'Elon Musk (350 milliards de dollars, 309 milliards de francs suisses) ou le chinois ByteDance (plus de 400), maison mère de TikTok.
La société d'investissement japonaise SoftBank sera le principal participant à cette levée de fonds, la plus importante jamais vue pour une société non cotée dans le secteur technologique. Déjà actionnaire, SoftBank va mettre au pot 30 milliards de dollars (26,5 milliards de francs suisses), le solde étant amené par d'autres investisseurs, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.
L'injection de SoftBank va «aider» OpenAI à «accélérer les découvertes scientifiques, rendre possible l'éducation personnalisée, démultiplier la créativité humaine et ouvrir la voie à l'intelligence artificielle générale qui bénéfice à l'humanité toute entière», selon la société. Pour SoftBank, qui avait déjà investi précédemment 2,2 milliards de dollars (1,9 milliard de francs suisses) au capital d'OpenAI, la start-up californienne est «la plus proche» d'atteindre l'intelligence générale (quand un logiciel est capable de fonctionner de manière autonome, sans instructions, d'une façon similaire à ce que ferait un humain).
L'accord prévoit un décaissement immédiat de 10 milliards de dollars (8,8 milliards de francs suisses), le reste étant étalé jusqu'à la fin de l'année. Dix des quarante milliards de cette levée de fonds ne seront versés qu'à la condition qu'OpenAI modifie ses statuts, pour passer d'une société à but non lucratif à une entreprise classique.
Ce changement de forme juridique est un point de friction entre certains co-fondateurs d'OpenAI, dont Elon Musk, et les investisseurs existants, qui veulent pouvoir rentabiliser leur mise. Les critiques de cette modification de statuts craignent qu'OpenAI ne privilégie davantage les bénéfices à la fiabilité et la sécurité de ses programmes.
Elon Musk a assigné le groupe en justice pour l'en empêcher, estimant que cela le ferait dévier de sa mission originelle. Pour tenter de reprendre la main, le milliardaire a également soumis une offre de 97,4 milliards de dollars pour racheter les actifs détenus par l'organisation à but non lucratif, proposition rejetée par le conseil d'administration d'OpenAI.
En phase de croissance accélérée, OpenAI a un besoin impérieux de liquidités, car elle engloutit des milliards dans les puces, serveurs et centres de données qui lui permettent de développer ses programmes d'IA générative. La levée de fonds révélée lundi va «nous permettre de repousser encore plus loin les frontières de la recherche sur l'IA», a commenté OpenAI sur son site.
Bien que tablant sur un triplement de son chiffre d'affaires en 2025, à 12,7 milliards de dollars (11,22 milliards de francs suisses), OpenAI ne prévoit pas d'atteindre la rentabilité avant 2029, selon des documents internes cités par des médias américains.
Le groupe a, au passage, affirmé compter désormais 500 millions d'utilisateurs hebdomadaires de ChatGPT, son assistant IA phare, mis en ligne en novembre 2022. Il y a à peine plus d'un mois, OpenAI n'avait fait état que de 400 millions d'utilisateurs, ce qui constituait déjà un doublement par rapport à septembre.
Le patron d'OpenAI, Sam Altman, a annoncé lundi que la start-up allait dévoiler une partie de l'architecture d'un nouveau modèle d'intelligence artificielle (IA) générative. C'est un virage stratégique après avoir jalousement gardé secret ses programmes et méthodes depuis le lancement de ChatGPT.
OpenAI va proposer, en accès libre, les paramètres de pondération (open weight), c'est-à-dire les critères qui définissent comment un modèle fonctionne et l'orientent après sa mise au point. Cet accès ne permet pas de déterminer comment est construite une interface d'IA générative.
«Nous y pensons depuis longtemps, mais d'autres priorités ont pris le dessus», a expliqué Sam Altman sur le réseau social X, rappelant qu'Open AI n'avait plus publié les détails d'un modèle depuis GPT 2, lancé en 2019. ChatGPT, lancé en novembre 2022, s'appuyait sur GPT 3.5. Le modèle évoqué sera mis en ligne «dans les mois à venir», a indiqué sur X Kevin Weil, responsable produit chez OpenAI.