La performance «Apophenia», qui avait été présentée au Belluard en 2021, entremêle des sources disparates pour les mettre en accord. Elle bénéficie aujourd’hui d’une transformation en composition musicale

Robin Meier Wiratunga fait chanter les moustiques, il transforme les pigeons en cornistes, il accorde des lucioles. Il fait improviser un trio à cordes sur un relevé d’ondes cérébrales. Il entremêle les bruits du monde – parasites ou non. A mi-chemin de l’art et de la science – il enseigne, entre autres, à la Haute Ecole des arts de Berne et il a collaboré tout autant avec le CERN qu’avec l’Ircam, à Paris –, c’est un «artiste du futur», ainsi que Le Monde l’a récemment surnommé. C’est surtout un observateur attentif, qui nous révèle la possibilité d’interactions que l’on n’aurait pas soupçonnées de prime abord.

Robin Meier Wiratunga s’est par exemple beaucoup intéressé à la musicalité des animaux – pas celle, que l’on connaît bien, des trilles des oiseaux ou du chant des baleines, mais d’autres, moins évidentes. Dans Truce: Strategies for Post-Apocalyptic Computation, une installation montée en 2009 avec Ali Momeni, il a par exemple pu montrer que des moustiques mâles à qui l’on passait des enregistrements de dhrupad (un style de musique traditionnelle indienne) prenaient ces vibrations pour celles de femelles de leur espèce et se mettaient immédiatement à battre des ailes pour bourdonner à la même fréquence que ce qu’ils pensaient (les pauvres bêtes) être des partenaires potentiels. Résultats étonnants que ces culicidés qui se mettent à entonner des hymnes védiques.

Voir plus