L’écrivaine italienne a vécu sa petite enfance au Japon, avec une nounou d’une infinie douceur. Mais face au refus des parents de se soumettre à la République de Salo, les autorités nippones enferment, et affament, toute la famille au camp de Nagoya

La grande écrivaine italienne Dacia Maraini a attendu près de quatre-vingts ans avant de pouvoir écrire sur son expérience dans un camp d’internement au Japon. L’humiliation vécue, la timidité caractéristique des captifs, explique-t-elle, l’avaient jusqu’ici retenue de revenir sur cet épisode douloureux. Vita mia, qui vient de paraître en traduction française, relate cette expérience. Dacia Maraini, née en 1936, vivait au Japon avec sa famille depuis 1938, et ses sœurs cadettes Yuki et Toni y sont nées.

En 1943, ses parents, l’ethnologue Fosco Maraini et la peintre Topazia Alliata, ont été sommés par les autorités japonaises de prêter allégeance à la République de Salo de Mussolini. Interrogés séparément, sans se concerter, ils ont tous deux catégoriquement refusé de le faire. Sanction: l’enfermement immédiat avec leurs trois filles au camp de Nagoya, avec la permission d’emporter en tout et pour tout une seule valise.

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