BA111OD avait marqué les esprits avec son tourbillon démocratique à 4000 francs. Le chevalier de la montre accessible à fort contenu horloger revient avec une version encore plus sophistiquée. En brisant à nouveau la logique des prix
Thomas Baillod fait tout pour qu’on ne parle plus de lui pour des questions de prix. Lui qui a construit sa marque en déconstruisant de manière provocante la logique des marges cumulées. Une pratique courante de l’industrie, dont le client doit au final s’acquitter. Avec ce motif très parlant: «C’est comme inviter quelqu’un au restaurant et lui faire payer la facture de toute la tablée.» Thomas Baillod a fait l’inverse et s’est efforcé de donner «un maximum de valeur à l’acheteur», en poussant aussi loin que possible son ratio «contenu horloger/prix». La pièce emblème de cette stratégie est sa montre à tourbillon commercialisée à un peu plus de 4000 francs en 2021. Un coup de Merlin dans la fourmilière horlogère, où le tourbillon figure parmi les complications très chères.
Le Neuchâtelois aimerait maintenant décoller de ce discours. Parce qu’il teste depuis quelques mois son expansion à l’international et qu’il souhaite humaniser celui-ci. La déconstruction des prix lui colle pourtant à la peau. La faute à son horloger voltigeur, Olivier Mory, trop doué pour ne pas aller toujours un peu plus loin. Il est basé à La Chaux-de-Fonds et d’habitude n’apparaît pas. Il est tout de même récemment sorti du bois. C’est lui qui a fait le mouvement de la montre à tourbillon de Trump à 100 000 francs – qui se vend très mal apparemment, seule une dizaine de pièces sur la centaine prévues auraient trouvé preneurs.
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