La nervosité s’accroît sur les marchés financiers, à deux jours d’une vaste salve de droits de douane américains susceptibles de plomber la conjoncture économique mondiale. La présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde évoque «un moment existentiel pour l’Europe».

La tension monte avant le 2 avril, surnommé par Donald Trump le «jour de la libération». Les Etats-Unis imposeront à partir de mercredi des droits de douane dits «réciproques» visant tous leurs partenaires économiques, ainsi que des surtaxes de 25% sur leurs importations automobiles.

Le président américain entretient le flou à deux jours de l’échéance, notamment sur le nombre de pays concernés. Donald Trump compte ériger de nouvelles barrières douanières, qui concerneront «tous les pays», et pas seulement ceux présentant les plus importants déséquilibres commerciaux avec les Etats-Unis, a-t-il déclaré dimanche. «On commencerait par tous les pays, on verra bien», a déclaré le président américain aux journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One, écartant l’hypothèse que ces droits de douane ne touchent qu’un petit nombre de partenaires commerciaux de Washington.

«Les droits de douane seront bien plus généreux, […] ils seront plus doux que ceux que ces pays ont accordés aux Etats-Unis d’Amérique au fil des décennies», a déclaré le président devant des journalistes. Ces pays «nous ont arnaqués comme aucun pays ne l’a jamais été dans l’histoire et nous allons être beaucoup plus sympathiques qu’ils ne l’ont été à notre égard», a poursuivi Donald Trump. Le fait que les Etats-Unis importent plus qu’ils n’exportent est une obsession pour le président américain. C’est la démonstration selon lui que les autres pays abusent de l’accès au marché américain, sans faire preuve de la même ouverture chez eux.

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Tokyo chute à l’instar d’autres places asiatiques

«Lui appelle ça «liberation day» aux Etats-Unis, moi je considère que c’est un moment où nous devons ensemble décider de prendre mieux notre destin en main et je pense que c’est une marche vers l’indépendance», a affirmé la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, lundi sur France Inter, évoquant «un moment existentiel pour l’Europe».

En attendant le jour fatidique, la tension monte sur les marchés. «A l’approche de cette date, l’appétit pour le risque des investisseurs est inexistant», commente Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank. Les places asiatiques ont piqué du nez dans le sillage de Wall Street, qui a terminé vendredi en forte baisse face au spectre des conséquences économiques de la guerre commerciale engagée par Washington. La Bourse de Tokyo a clôturé sur une chute de plus de 4% lundi, au plus bas depuis mi-septembre, après avoir dévissé à l’unisson des autres places asiatiques.

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Ruée sur les actifs refuges

La Bourse de New York a terminé en forte baisse vendredi après des indicateurs décevants pour l’inflation et la consommation. L’indice Dow Jones a fini en repli de 1,7%, tandis que le S & P 500 a lâché près de 2%. Pour sa part, l’indice Nasdaq, riche en valeurs technologiques, a chuté de 2,7%. Les indices américains ont bouclé ainsi une semaine de fort repli, reflétant une dégradation de la confiance des marchés dans un contexte d’inquiétudes sur l’impact de la politique économique et commerciale de Donald Trump.

L’impact du second mandat Trump sur les marchés financiers mondiaux

Ce graphique, actualisé en temps réel, illustre l’évolution en pourcentage des principaux indices boursiers mondiaux depuis l’investiture de Donald Trump pour son second mandat présidentiel, le 20 janvier 2025. Il permet de visualiser l’impact des politiques économiques américaines sur les marchés financiers internationaux.

La valeur des géants de la tech sous Trump II

Ce graphique, actualisé en temps réel, illustre l’évolution en pourcentage de la capitalisation boursière des géants technologiques américains depuis l’investiture de Donald Trump pour son second mandat présidentiel, le 20 janvier 2025.

A l’instar des autres places européennes, la Bourse suisse a entamé la première séance de la semaine sur une note négative. Vers 09 h 10, l’indice vedette SMI lâchait 1,29%, avant de réduire ses pertes. Dans ce climat anxiogène, les investisseurs délaissent les actifs plus risqués comme les actions pour se retrancher sur les obligations, vues comme plus sûres, ou les actifs refuges par excellence comme l’or.

Tableau de bord: Data – Nos sept indicateurs économiques actualisés en continu pour mieux comprendre l’impact de la présidence Trump 2.0 sur les Etats-Unis