Les Birmans sont aujourd’hui victimes de deux phénomènes dont les effets meurtriers s’amplifient mutuellement: une guerre et un tremblement de terre. Explications
Une série dramatique, voilà à quoi ressemble l’histoire récente de la Birmanie. En 2021, un an après l’épidémie de coronavirus, un coup d’Etat de l’armée birmane mène en prison la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi et déclenche une guerre civile. A cela s’ajoute en 2023 un cyclone, Mocha: il fait au moins 145 morts. En septembre 2024 survient un typhon, Yagi, qui en provoque au moins 226 – personne ne connaît les chiffres réels en raison de la dictature, mais ils sont certainement largement supérieurs. Et vendredi 28 mars, cette dernière tragédie, qui fait les grands titres: un tremblement de terre.
Un épisode qui représente le paroxysme des malheurs des Birmans. D’abord parce qu’un tremblement de terre, c’est «l’une des pires catastrophes qui existent: il provoque plus de morts et de blessés qu’un tsunami, un glissement de terrain ou un typhon», relève Olivier Hagon, chef du groupe santé du Corps suisse d’aide humanitaire et médecin aux HUG. De fait, on voit circuler un bilan de 1600 morts, mais il est sûrement largement supérieur. Ce tremblement de terre survient aussi dans un contexte où il faut déjà soigner les blessés d’un conflit armé. Et avec la saison des pluies qui approche, moment où la chaleur est écrasante et qui favorise les épidémies comme le choléra, souligne Olivier Hagon.
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