CHRONIQUE. De la talentueuse Laura Chaignat à la brillante Brigitte Rosset, de l’intense Valeria Bertolotto à la sidérante Julia Perazzini, les récits intimes fleurissent en Suisse romande, comme pour attester d’un besoin très contemporain de vérité
Est-ce l’époque, égotiste par mélancolie? De plus en plus nombreux sont les artistes qui mettent en scène le parchemin chiffonné – taché de larmes parfois – de leurs désirs, de leurs amours en fuite, de leurs deuils sans retour. En Suisse romande, on ne compte plus ces comédiens, comédiennes, humoristes qui, de la talentueuse Laura Chaignat à l’incandescente Brigitte Rosset, avouent leur fragilité. Devant ces aveux, les salles sont pleines, comme pour souffler que l’intime aujourd’hui est plus précieux que l’épique, que le singulier est un gage de vérité, que la confidence est préférable à la tirade héroïque, fût-elle signée Alfred de Musset.
Sur les planches, les enfants du XXIe siècle n’auraient que «Moi» à la bouche. Ce «Moi» est le nœud du drame, il doit se dénouer, se délivrer de ses démons, de ses tristesses poisseuses. C’est ce que faisait par exemple en 2023 le metteur en scène star Alexander Zeldin quand il ressuscitait, à la Comédie de Genève, son enfance et sa grand-mère – jouée par Marie-Christine Barrault – dans Une Mort dans la famille.
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