En poste depuis seize ans, le Neuchâtelois Frédéric Maire a annoncé ce vendredi qu’il quittera la tête de la Cinémathèque suisse dans six mois. A 63 ans, il préfère laisser la place à quelqu’un qui pourra élaborer une stratégie sur le long terme, à l’heure où le financement de la culture est de plus en plus difficile
Troisième directeur de la Cinémathèque suisse après Freddy Buache et Hervé Dumont, Frédéric Maire restera celui qui aura accompagné la transition numérique, la construction du nouveau Centre de recherche et d’archivage de Penthaz et enfin la transformation du vénérable cinéma Capitole. Ce dernier abrite désormais deux salles ainsi qu’une boutique, et a replacé l’institution au cœur de la cité, dans un écrin à la hauteur du cinéma de patrimoine qu’elle défend. A 63 ans, le Neuchâtelois a annoncé ce vendredi qu’il quittera ses fonctions le 30 septembre prochain, à savoir treize mois avant la date officielle de son départ à la retraite.
Au téléphone, il confie que cette décision, prise d’entente avec le conseil de fondation, fait suite à une réflexion quant aux enjeux et défis qui seront ceux de la Cinémathèque suisse dans les années à venir: «La réalité est que l’institution a beaucoup grandi pour devenir une très grosse machine, passant d’une trentaine à une centaine de collaborateurs et collaboratrices. C’est un outil formidable mais qui coûte cher, à une époque où les signaux qui viennent de Berne ne sont pas très positifs, avec une réduction linéaire des subventions. Comme pour beaucoup d’autres institutions culturelles, tout n’est pas rose.» Pour Frédéric Maire, il semblait ainsi plus raisonnable de ne pas se lancer dans de nouveaux combats à court terme, mais de laisser la place à quelqu’un qui pourra développer une stratégie globale pour l’avenir. «Il faut du sang neuf.»
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