La consommation de vins varie selon la région de notre pays dans laquelle on se trouve. Si en Suisse romande et dans une moindre mesure au Tessin, les habitants privilégient les crus locaux, en Suisse alémanique, c’est tout l’inverse: les vins étrangers sont rois
Le vin suisse est un secret bien gardé. Chaque année, seul 1% de la production est exportée vers l’étranger. Et pour cause: selon les statistiques de l’Office fédéral de l’agriculture, les Suisses consomment annuellement quelque 230 millions de litres de vin, soit plus de deux fois plus qu’il n’en est produit sur le territoire national, la récolte atteignant environ 100 millions de litres. En plus de la production nationale, qui représente quelque 38% des crus dégustés dans notre pays, les Suisses boivent donc de nombreux vins étrangers. Mais les tendances diffèrent selon la région linguistique dans laquelle on se trouve.
Si en termes de production, le monde du vin est une histoire de Romands – près de trois quarts du vignoble helvétique étant plantés de ce côté-ci de la Sarine –, en ce qui concerne la consommation, les Alémaniques sont les champions. Et pour cause: ils sont plus nombreux, représentant près de deux tiers de la population helvétique. Mais, le vin ne faisant que peu partie du patrimoine alémanique, le réflexe de consommation outre-Sarine s’oriente souvent vers des vins étrangers. Selon le dernier rapport annuel de l’Observatoire suisse du marché des vins daté de 2023 et qui analyse notamment les ventes réalisées par sept grands acteurs de la grande distribution, les trois quarts des achats réalisés en Suisse alémanique sont des vins étrangers. Si le chiffre est similaire en Suisse italienne, il baisse à 64% en Suisse romande.
Voir plus