Les grands crus des vignobles ayant marqué l’histoire de la viticulture ont une place de choix sur la carte des vins des restaurants gastronomiques de notre pays. Mais les vins suisses n’ont pas à rougir, même si le prix et les quantités restent un défi

La tendance se dessine depuis plusieurs années. Le monde de la gastronomie suit toujours plus le rythme de la nature et les chefs s’inspirent de ce que cette dernière leur donne au fil de l’année pour imaginer leurs plats et leurs menus. Les ingrédients sont produits régionalement – ou du moins le plus possible – et les circuits sont raccourcis au strict minimum. La gastronomie est ainsi devenue (ou redevenue) locale et de saison. Cela reflète la volonté tant des chefs que des consommateurs de se soucier de la provenance des aliments, mais aussi de l’impact de leurs choix sur l’environnement et l’économie locale. Si tout cela se matérialise dans la carte des mets, l’impact semble moins marqué en ce qui concerne les vins proposés. Bourgogne, Bordeaux, Toscane ou encore Piémont: les crus des grandes régions viticoles mondiales sont nombreux sur les cartes. Alors, est-il difficile de mettre en valeur les vins suisses dans la haute gastronomie?

«Les grands vins internationaux sont toujours très demandés et ont, à juste titre, leur place sur les meilleures cartes des vins du monde», souligne Loris Lenzo, sommelier du restaurant doublement étoilé Einstein Gourmet à Saint-Gall et récompensé, en octobre dernier, par le Prix Michelin Sommelier 2025. Et pour cause, ces régions font partie des vignobles qui ont marqué l’histoire de la viticulture et qui abritent parmi les plus grands vins de la planète. Mais cela ne signifie pas que les vins suisses ne trouvent pas leur place dans les restaurants gastronomiques. «Il y a des vins de classe mondiale chez nous», assure Loris Lenzo, qui propose quelque 600 crus locaux sur les 3000 références de sa cave.

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